Autant en emporte le vent ; Margaret Mitchell

Publié en 1937; nouvelle traduction 2020 chez les très belles éditions Gallmeister

Résumé: Scarlett O’Hara a 16 ans et tout pour elle: une famille aimante, et riche, le soleil du Sud des États-Unis, la taille la plus fine du comté et une foule de prétendants à ses pieds. Tout, ou presque. Il lui manque son cher Ashley, qu’elle aime éperdument et qui pourtant est fiancé à une autre. Cette histoire d’amour impossible lui restera chevillée au corps alors que son monde va s’effondrer. En 1861 éclate la Guerre de Sécession qui voit s’opposer l’Armée Confédérée (Sud des États-Unis, esclavagiste) et les « Yankees » des états du Nord qui entendent abroger l’esclavage. L’histoire couvre cette fin de siècle mouvementée que l’on vit à travers le prisme de Scarlett et se déroule au cœur de la Géorgie, entre la priorité familiale des O’Hara – Tara – et Atlanta. Au milieu de la tourmente, Scarlett ne cesse de croiser le chemin du ténébreux, cynique et intriguant Capitaine Rhett Butler. Riche d’une fortune soupçonnée mal acquise, il n’a que peu de scrupule et d’égards pour la bienséance, mais saura être présent aux côtés de Scarlett aux moments où elle en aura le plus besoin. Obstinée, égoïste, Scarlett O’Hara a parfois tout d’une peste, et pourtant elle est sans aucun doute une des grandes héroïnes féministes de la littérature, faisant abstraction des codes guindés d’une société rétrograde qui confinait les femmes aux rôles de mère et de gouvernante.

Critique : Quand on a tant aimé un film, on appréhende de découvrir l’œuvre originale. Ces 1500 pages seront-elles aussi intenses, ou se traineront-elles en longueur? La Scarlett de papier sera-t-elle aussi étincelante que celle interprétée brillamment par Vivien Leigh? Les réponses sont OUI. Ce roman m’a aspirée et je n’ai pas vu le temps passé. J’ai tressailli lors des intrusions yankees, j’ai suffoqué lors de la prise d’Atlanta, j’ai pesté contre l’aveuglement et l’obstination parfois absurdes de Scarlett (mais lasse donc tomber ce pauvre Ashley, qui est si incolore et insignifiant!). Lors de cette ré-édition, j’avais regardé l’interview ci-dessous de la traductrice de cette nouvelle édition, et il me semble important de replacer l’ouvrage dans son contexte et dans le contexte de la période qu’il décrit, avec des personnages racistes, dans une société raciste. Alors bien sur certaines choses nous choquent mais c’est avec notre regard du XXIe siècle, qui heureusement a évolué. Par contre, ce qui reste extrêmement moderne dans ce roman, c’est le personnage de Scarlett. Fière, indépendante, déterminée, courageuse, c’est une figure féminine et féministe en avance sur son temps, qui entend vivre sa vie comme elle l’entend, et sans se plier aux règles qui régissent et confinent la vie des femmes à l’époque. Dut-elle pour cela se mettre à dos toute sa communauté, ou manipuler son entourage. Son histoire avec Rhett Butler est latente, et intéressante sans jamai tomber dans la facilité ni être « culcul »: seule la fin reste un peu amer. Fond historique et héroïne intelligente constituent mes ingrédients favoris en terme de roman : j’ai dévoré celui-ci et en suis ressortie rassasiée et enchantée!

Note: 10/10, ça fait du bien de plonger dans de pareille pépite

Anne-Sophie

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