Maus, Art Spiegelman

L’intégrale ; BD publiée chez Flammarion de 1980 à 1991; Prix Pulitzer 1992

indexRésumé : Art nous transmet le témoignage de son père, un polonais juif pendant la Seconde guerre mondiale. Dans le milieu des années 30, Vladek est un commerçant aisé, jeune et amoureux. L’arrivée du nazisme bouscule la vie heureuse et paisible qu’il mène avec sa famille. D’abord ils quittent leur bel appartement pour le ghetto. Puis doivent se cacher, vivre dans le froid, la clandestinité, l’incertitude et la peur. Et malgré toutes les précautions, ils sont déportés. Vladek raconte la vie à Auschwitz, la lutte pour survivre et garder son humanité. Et enfin, la fin de la guerre.

Sur la forme, le dessin est en noir et blanc et tous les personnages sont représentés en animaux: les Juifs sont des souris, les Polonais des cochons, les nazis des chats. (Et le seul français est une grenouille.)

Le récit est découpé en chapitres et introduit par les échanges entre le fils et le père, évoquant les difficultés de cette relation. Ce père qui a souffert et vieilli, et est devenu économe tendance radin, mais aussi buté et égoïste. Cette normalité des échanges, cette transparence et honnêteté vis à vis d’un personnage qui n’est pas angélisé, mais dépeint sans concession, cet ancrage dans le présent, permet des bouffés d’air nécessaires pour respirer au milieu d’un récit glaçant, étouffant.

Ma critique

Le dessin fait peur dans un premier temps: il parait dur. Et puis le sujet n’est pas divertissant, il fait peur également. Ils vont bien ensemble finalement. Mais le fait que les personnages soient dessinés sous forme animale allège un peu le poids du récit. Qui demeure extrêmement lourd. Je pense qu’il s’agit d’un des – voir du – récits le plus prenants, le plus fort, que j’ai lu sur cette période. Car il ne s’agit pas de chiffres ni de l’une ou l’autre photo. Mais d’un personnage réel, qui nous livre son expérience vécue, concrète, précise. La vie au ghetto, le marché noir, les caches contre de l’argent, les trahisons par la peur et la méchanceté, le déchirement de quitter ses proches, la capacité à saisir une opportunité, le hasard, la chance qui font que certains survivent et d’autres pas, la violence des kapo, la réalité des fours crématoires. Le sens du détail nous permet d’approcher la réalité de ce que a été la vie à cette période, l’association dessin/récit propre à la bande dessinée/au roman graphique permet une visualisation immédiate et une représentation plus facile. L’Histoire avance, et on observe les glissements progressifs, la montée en puissance de la violence, les déchirements. Tout cela se concrétise sous la plume de Art Spiegelman: jamais larmoyant, ni agressif, toujours juste, factuel, l’auteur nous livre un témoignage extrêmement fort et puissant. C’est audacieux, courageux. On n’en ressort pas indemne.

Ma note: 10/10

Anne-Sophie

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