La Servante écarlate, Margaret Atwood

Publié en 1984 ; a inspiré la série Netflix The Handmaid’s Tale

Résumé

M02221203321-large« Defred » est servante dans la maison d’un commandant. Nous sommes aux États-Unis, qui, suite à un coup d’état, sont dirigés par une secte extrémiste qui a créé des castes strictes entre ses ressortissants. « Anges »; « gardiens », « commandant, « épouses »… chacun sa place, chacun ses avantages et ses devoirs. Le personnage principal, plutôt que l’héroïne, est une « servante ». Elle en porte la robe écarlate, et les ailes qui lui couvrent le visage ne laissent rien apercevoir de sa personne. Sa personne que le système tente d’annihiler pour la faire absorber par la seule fonction qu’on lui a désormais assignée: la reproduction. Contaminés par les pesticides et substances chimiques de toutes sortes, l’humanité est en danger: le taux de natalité n’est plus assez élevé pour garantir la survie de l’espèce. Les femmes fertiles sont réquisitionnées et asservies. Il faut toujours des coupables, ce ne sont pas les hommes.

Critique

Récit glaçant et attirant, dans la veine du formidable 1984 d’Orwell (lire notre critique ici), dont le succès m’incitait à attendre quelque chose de mieux que Le Pouvoir de Naomi Aldermann (critique ici), j’avoue avoir été plutôt déçue. BIEN SUR la situation décrite est extrêmement intéressante, intelligente, notamment de par l’intérêt particulier pour la situation des femmes qui sont particulièrement mises à mal dans ce récit. Et dont plusieurs éléments font pourtant tout à fait écho à ce qui se passent dans nos sociétés actuelles. Une fiction bâtie sur des éléments du réel donc, très bien vue. Les uchronies sont toujours intéressantes à lire selon moi, car elles pointent les incohérences, les violences de nos sociétés, nous éduquant au passage en nous incitant à la vigilence. Mais ce roman aura manqué de précision, raté le rythme, et perd au final en crédibilité. On évoque le point de rupture, le coup d’état mais sans vraiment donner d’indication à son sujet, ce qui créé une certaine frustration pour le lecteur. Et par dessus-tout ce qui m’a déplu est le style même de l’écriture. Je trouverai même ce livre mal écrit. Succession de phrases courtes et rythme saccadé: j’interprète cela comme la volonté de traduire à l’écrit les vagabondages de la pensée de la narratrice. Privée de lecture, d’écriture, de culture, on comprend qu’il ne serait plus évident pour personne de structurer un récit, si l’objectif est effectivement de donner un ton réaliste. Mais cela reste désagréable à lire. Entre les flashback qui évoque la « vie d’avant » de Defred, et les évocations de la société par à-cou, à propos desquels on voudrait plus de précisions,  on peine à suivre, à recoller les morceaux. Dommage.

Pas vraiment d’histoire, pas assez abouti quant au système qu’il décrit, ce livre se trouve pour moi dans un entre-deux instable, et ne bascule malheureusement pas du côté des chefs-d’œuvres. Il reste néanmoins très accessible et intéressant à découvrir.

Note : 7/10

Anne-Sophie

1 réflexion sur « La Servante écarlate, Margaret Atwood »

  1. 📖 Flash info livresque 📖 Un recueil anthologique de poésie de Margaret Atwood paraîtra le 18 juin aux éditions Bruno Doucey : « Laisse-moi te dire… Poèmes 1964-1974 ». Pour en savoir plus : https://www.editions-brunodoucey.com/laisse-moi-te-dire. 😊

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