2/24. Un petit air de fête…

Dans le village de mes parents, le marché de Noël est une tradition. Il est emblématique car c’est le tout premier à des kilomètres à la ronde. Début novembre, tandis que nous rangeons citrouilles et déguisements de sorcières, les artisans du coin dressent leurs étals dans la petite salle polyvalente. Nous y allons toujours à pied, parfois dans le vent, bottes au pied et cache-nez. Parfois sous un soleil caressant, les yeux mi-clos et un tricot sur le dos. Nous aimons boire un vin chaud au comptoir devant la salle. Les bénévoles ont déjà goûté le breuvage et les blagues y vont bon train. Nous attendons un bon moment que la boisson refroidisse puis pénétrons à l’intérieur.

J’aime le moment où résonnent à mes oreilles les traditionnels chants de Noël pour la première fois de l’année. Même s’ils semblent déplacés, anachroniques lorsque le soleil brille et que les feuilles rousses tapissent les trottoirs, la voix de Tino Rossi me ramène aux Noëls de mon enfance. Tous les ans, c’est comme ouvrir un vieux carton de souvenirs. On y trouve des odeurs, des sons, qui sont un peu oubliés, et en même temps incroyablement familiers et rassurants.

À l’entrée du gymnase redécoré pour l’occasion, se tient un immense sapin. Nous déambulons dans les allées, admirant les personnages de bois, les poupées de tissu ou de tricot, les bougies de cire d’abeille et les décorations de verre. L’artisanat est ici à l’honneur. Dans l’air flotte une douce odeur de crêpes, venant du stand tout au fond de la salle. Le fumet sucré qui s’en échappe donne l’eau à la bouche, tant et si bien qu’une file de gourmands se forme déjà.

Quand j’étais petite, j’aimais ce moment féerique, après la messe du dimanche matin. Je tenais précieusement dans ma main, au fond de ma poche, mes économies glanées au cours de l’année. Mes parents serraient des mains et échangeaient des bises, saluant gaiement des connaissances du village. Je profitais alors de ce moment de liberté pour me faufiler entre les jambes, guettant le cadeau de Noël qui ferait briller leurs yeux. Sur le chemin du retour, ils feignaient de ne pas voir la bosse qui déformait mon manteau et mon sourire cachotier.

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Diane

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