1/24. Capitale du tourisme de Noël

Novembre, ma ville s’habille. Le dress-code est le même depuis près de 400 ans, mais s’étoffe toujours un peu plus. Tiens ici ils ont ajouté des bouquets géants et lumineux dans la rue du 22 novembre à peine achevée. Là ce sont ces lampions jaunes, façon étoiles en origami, qui se déploient le long des quais. Et bien sûr le grand sapin, installé dès le début du mois, et couvert petits à petit des milliers de points lumineux. Je me mets à avoir hâte.. Et puis le jour J, le jour du lancement des illuminations, la réalité se rappelle brusquement à moi. Je ne suis pas la seule à avoir hâte, à aimer vivre Noël à Strasbourg! Le TGV et les autoroutes alentours déchargent des milliers de touristes, armés de bottes fourrées et de perche à selfie, qui viennent littéralement envahir nos rues!
Au mois de décembre, Strasbourg n’appartient plus à ses habitants. Oubliez les resto, et les balades en centre-ville : tout est plus cher, tout est blindé! On slalome encore un peu pendant la semaine, mais pendant le week-end, nous fuyons les embouteillages piétons!

Ce à quoi s’ajoute, vigipirate oblige, les fouilles systématiques à l’entrée sur la grande île, et que je fais la queue, et que j’ouvre mes sacs, et que j’ouvre mon manteau, alors que le tram traverse le centre-ville sans s’y arrêter… Au milieu de tout ça, tachez tant bien que mal de garder un mode vie de vie relativement normal : quand aller travailler, faire ses courses ou prendre le train revêt à chaque fois une dimension périlleuse et un challenge au quotidien.

Mais après 22h, miracle. De Noël probablement. Tout se calme.

Les touristes sont repartis, ou digèrent leur choucroute « traditionnelle » dans leur hôtel. Les rues sont désertes, les cabanons des différents marchés de Noël fermés. Les policiers sont rentrés chez eux, et les barrières ouvertes. Mais les lumières brillent toujours. Jusqu’à minuit, la ville nous appartient à nouveau. A nous qui rentrons chez nous, à nous qui pédalons à travers les rues paisibles et désertes. Dans ce moments-là, les lumières ne brillent que pour moi. Quand je lève la tête et que je vois les lustres Baccarat qui s’enchainent, quand le sapin scintille sur une place Kléber vide et calme, quand je contemple la féérie de la rue des Orfèvres. J’ai détesté ma ville toute la journée. Mais dans ces moments là, la magie revient, et Strasbourg me captive à nouveau et on se réconcilie jusqu’au lendemain matin.

Ce sont ces parenthèses privilégiées qui garantissent à ses habitants la bulle d’air qui permet de rester en apnée pendant les journées!

strasbourg-capitale-noel-3

Anne-Sophie

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